Confusion, réunification et âge d'or


Wei Wendi
(220-226)


Chen Hou Zhu
(583-589)


Sui Wendi
(581-604)


Tang Gaozu
(618-626)

Les trois royaumes  : (220-265) désigne la période qui suit la chute de la dynastie Han. Durant cette période, 3 royaumes (le royaume des Wei), (le royaume des Shu),
(le royaume des wu), s’affrontent pour la domination de la Chine.
Pour unifier la chine, Cao Cao, roi des Wei mène des guerres incessantes et souvent victorieuses contre les deux autres royaumes. Liu Bei, roi des Shu et Sun Quan, roi des Wu essaient vainement de faire alliance pour lui résister.
Cette période inspira au XIVe  siècle, un roman historique, qui eut une grande influence culturelle en Asie du Sud Est. Son titre en mandarin (Sanguo Yanyi), indique qu'il fait de la vertu son thème principal, qualité qui fut l'un des plus haut standard à une certaine époque de la Chine ancienne.
En dépit du malaise politique, des avancées importantes sont faites dans les domaines de la médecine, de l'astronomie et de la cartographie. C’est également de cette période que date l’invention de la poudre (à cette époque elle est seulement utilisée dans la confection des feux d'artifice).

Art dans les trois royaumes :  les artistes continuent à être inspirés par les thèmes bouddhistes. Dès les années 400, ils commencent à peindre les cavernes des mille Buddhas près de Dunhuang. Les peintures les plus anciennes, dans ces cavernes sont des représentations de Bouddha et de ses disciples. Ces œuvres sont fortement influencées par l’art indou et latin, bien que teintées d’extrême orientalisme.

Les dynastie Jin : (265 - 420)

Les Jin occidentaux (265-316)
Les Jin orientaux (317-420)

La famille Sima (les Sima sont des descendants du grand historien Sima Qian),
fondatrice de la dynastie Jin, annexe le royaume Wu en 280, mais cette réunification est minée par des luttes intestines qui opposent princes impériaux, hauts fonctionnaires tandis que menacent toujours les peuplades nomades du Nord.
La Chine du Nord voit l’étonnante succession des dynasties éphémères barbares (les seize royaumes).
Harcelés, défaits, certains membres de la cour fuient au Sud se réfugier à Nanjing (Nankin) et restaurent la dignité impériale, dans une Chine du Sud qui reste prospère grâce à ses relations maritimes.
Les principales familles locales des Zhu, des Gan, des Lu, des Gu et des Zhou  soutiennent le prince de Longya qui se proclame empereur de la dynastie Jin orientale en 317 alors que les nouvelles de la chute de Chang'an parviennent jusqu’au Sud.
Durant cette période, on assiste à un regain des courants de la pensée légiste et taoïste. L’amour de la nature, le mépris des rites, mais aussi le désintérêt pour les affaires publiques conduisent au développement de la pensée, des lettres et des arts.
L’influence du bouddhisme, favorisée par les dirigeants et par l’aristocratie croît, et des communautés importantes se créent. Au Ve siècle, la naissance de sectes bouddhiques témoigne d’un début de synthèse entre les conceptions chinoises et les nouvelles croyances et marque le début de huit siècles d’apports hellènes, indiens et iraniens dans la culture chinoise (architecture, peinture, sculpture, musique, littérature, sciences).
Tout au long de ses 104 années d'existence, la dynastie survit tant bien que mal aux rébellions et en 420 l'empereur  Gong abdique en faveur de Liu Yu, puis de l’empereur Wu, instaurateur la dynastie Song et des dynasties méridionales.

Les dynasties méridionales et nordiques (420-589)

En cette période de division politique et de guerres civiles, beaucoup de Chinois du Nord se déplacent vers le Sud. Sud et Nord se développent pourtant dans un équilibre relativement stable, dû à leurs particularités géographiques. Les steppes plates du Nord favorisent la cavalerie, mais les fleuves du Sud et leur marine constituent un rempart efficace contre ces grands déploiements.

Dynastie Sui  : 589 - 618

Wen Ti (également connu sous le nom de Yang Chien), premier empereur Sui, est un général (ou un soldat, selon les sources) qui a usurpé le trône de la dynastie Chou en 581. Les huit années suivantes, il reconquiert avec succès le territoire chinois il y rétablit le système administratif centralisé des Han.
Wen Ti se rend populaire en libérant les paysans des impôts abusifs ce qui améliore de façon significative leurs conditions de vie. Pour ce faire, il conduit le premier recensement, afin de déterminer l’impôt de chaque province et il distribue la terre. Chaque homme doit cultiver une parcelle afin de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. A l’âge de 60 ans, trop vieux pour travailler, il cesse de payer des impôts, rend une partie de la terre à l’Etat, et transmet le reste à ses fils.
En cette période de calme retrouvé, les arts s’épanouissent. Les artistes ont assimilé les influences étrangères et développent un style sculptural nouveau et unifié, comme pour souligner que la Chine a retrouvé une identité.
Les peintres acquièrent les notions de perspective. La poterie et la céramique atteignent des summums de raffinement qui augurent le développement de l’industrie chinoise de la porcelaine
Wen Ti meurt jeune, vraisemblablement tué par son fils Yang Ti.
Celui-ci laisse à la postérité des réalisations ambitieuses. Il entreprend (toujours au prix de nombreuses vies humaines) la réparation de la Grande Muraille et fait creuser un système ingénieux de canaux. Plus tard ces travaux d’envergure deviendront le Grand Canal reliant le fleuve Jaune aux fleuves Huai et Yangtse.

Initiative malheureuse, Yang Ti tente de reconquérir la Corée mais doit rebrousser chemin avec son armée de centaines de milliers d’hommes. Ses généraux humiliés l’assassinent. C’est la fin de la dynastie Sui.


Dynastie T'ang : 618 - 907
La dynastie T’ang a laissé un héritage important dans tous les domaines de l’art, principalement la littérature, la danse, la musique mais aussi la poterie, la peinture et la calligraphie. Epoque prospère propice aux divertissement, elle annonce l'âge d'or de la Chine. Boire du thé devient populaire et peindre sur des rouleaux un phénomène de mode.
Le raffinement de la dynastie T’ang est sans précédent, à telle enseigne que les tests de l’examen de recrutement pour la fonction publique sont restés en vigueur jusqu’au début du  20e siècle.
La sculpture, en essor sous la dynastie Sui, atteint son apogée sous la dynastie T'ang. Les sculpteurs soulignent les formes gracieuses et les proportions réalistes du corps. Les peintres délaissent les scène bouddhistes pour immortaliser, les scènes d’histoire et celles de la vie quotidienne. Ils affectionnent également les scènes de cour. La nature devient un thème de prédilection. Dans les années 700, le peintre Han Kan devient célèbre pour ses peintures mettant en scène des chevaux. D’autres artistes tels Yen Li-pen, Wu Tao-tzu, Wang Wei, et Tung Yuan sont passés à la postérité mais aucune de leurs œuvres n'a survécu. Ne subsistes que quelques copies.
Certains se sont intéressé aux paysages (shanshui, en Chinois) et peint avec des brosses, en utilisant des pigments verts ou bleus pour représenter, hautes montagnes, falaises, fleuves, roches, et arbres. Plutôt que de peindre avec réalisme, ils se sont attaché à transposer une impression. Leurs travaux sont presque des ébauches qui laissent libre cours à l’imagination. Ces œuvres ont connu un succès notoire, et sont appréciées partout en Orient pour leur style à la fois sobre et lyrique.
En ces années d’épanouissement artistique et culturel, la dynastie règne sur des territoires s'étirant de la Corée et de la Manchourie jusqu’au Nord du Vietnam. A l'Ouest, l'influence T’ang se ressent jusque dans l’actuel Afghanistan.
Li Shih-min, l’un des généraux mutins de feu l’empereur Yang Ti a placé son père sur le trône puis en 626, lui a demandé d’abdiquer en sa faveur. Il a pris le nom de T’ai Tsung et fait de Chang'an sa capitale. Chang’an devient sous son règne, l'une des plus grandes villes au monde.

T'ai Tsung règne longtemps, avec fermeté. Il adopte les systèmes qui ont fait leurs preuves sous les dynasties Han et T’ang, recrutement par concours d’état des juges et des gouverneurs, distribution de la terre aux paysans, prélèvement d’un impôt juste et proportionnel. Par ailleurs, T’ai Tsung rend le service militaire obligatoire.
Les villes deviennent prospères et il fait bon vivre dans les campagnes. Il en résulte une explosion démographique qui va enrayer le système.
Les paysans reçoivent des parcelles plus petites et commencent à avoir du mal à vivre de leurs maigres récoltes. Beaucoup sont contraints à l’exode. Les revenus de l’état diminuent de façon drastique.
Les successeurs de T’ai Tsung n’entreprennent rien de novateur mais réussissent à maintenir une certaine stabilité jusqu’à l’accession au pouvoir de Hsuan Tsung. Celui-ci  ne parvient pas à juguler les intrigues de palais. La situation devient critique et les affrontements destructeurs inévitables. Cette période d’agitation dure huit longues années, au terme desquelles des alliances sont conclues avec les tribus d’Asie centrale notamment. La situation ne se rétablit jamais totalement et les gouverneurs de lointaines provinces profitent de la situation pour détourner à leur profit les impôts et les taxes.
Pendant la dynastie T’ang, l’influence du bouddhisme diminue quelque peu, et le confucianisme devient plus populaire. Le bouddhisme a connu son apogée lors de l’avènement, puis décrié par les fonctionnaires adeptes de la pensée confucéenne, il est considéré comme étranger à la Chine et perturbateur. En 845, l'empereur T’ang  déclenche une campagne de persécution des bouddhistes. Plus de 4600 monastères et 40.000 temples et tombeaux sont détruits. Son intolérance le conduit à interdire nombre d'autres croyance qui s’étaient développées sans jamais avoir rencontré d’hostilité.
Pendant la dynastie Tang, beaucoup de grands poètes ont également émergé. Li, Po, Tu Fu, et Po Chu-i et le maitre de la prose Han Yu sont apparus quand le déclin politique avait commencé. L'impression des livres et le partage des idées ont favorisé l'unité culturelle.


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