Flacons pour tabac à priser

Les flacons de tabac à priser sont, compte tenu de la longue histoire de la Chine, arrivés vers la fin du 16ème siècle, à la même époque qu'en Angleterre.

Le tabac à priser a probablement été introduit par différents ethnies, russes, manchoues ou portugaises. Des archives prouvent qu’il apparait en 1685 et devient rapidement un phénomène de mode dans les milieux aisés, la cour, chez les riches propriétaires et la classe aristocratique. Son utilisation prend de plus en plus d'ampleur, car on lui attribue des vertus médicinales (migraines, asthme, digestion). Les Chinois y ajoutaient, et le font encore aujourd'hui, de la menthe, du camphre ou du jasmin. A cette époque, l’usage du tabac était illégal, contrairement à celui du tabac à priser.

A l’inverse des Européens qui utilisaient des boîtes, les chinois privilégièrent de petites bouteilles qui sont devenues avec le temps de minuscules chefs d’œuvre (Dynastie Qing).

Dans les années 1700 les ''snuff bottles'' sont devenues pièces de collection, elles furent des objets de passion dans toutes les classes sociales. Les matériaux utilisés allaient du verre en passant par l’ivoire, le corail, l’or, la nacre et d’autres matériaux exotiques. Le verre reste le matériau de prédilection pour la réalisation de ces flacons. Ces petites bouteilles, véritables petits chefs d'œuvre, ont montré la multiplicité exceptionnelle des modèles, de la technique et des matériaux ainsi que la finesse du travail réalisé.

À cette époque, les chinois travaillaient le verre en  le polissant comme une pierre précieuse et en y mélangeant des oxydes métalliques.

Ces flacons (munis d’un bouchon en jade, sur l'intérieur duquel est fixée une minuscule petite cuillère) étaient conçus pour tenir dans la paume de la main. Chaque flacon portait la signature ou la date de sa fabrication. Les ‘Chien Lung’ datent du règne de Tao Kuang (1821-1850).

Les bouteilles peintent à l’intérieur, datent quant à elles de la fin du 19ème siècle. La technique utilisée consiste en un mélange d’oxyde de fer et d’eau, base nécessaire pour l’application et la tenue de la peinture.

Shao-hsuan, Ting Er-ch’ung et Chou-Lo-Yuan’ qui travaillèrent de 1895 au milieu des années 1920 sont les artistes les plus connus pour ces créations.
Cette frénésie de création et de collection a subitement pris fin lors de la dernière guerre mondiale.

 


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