Céramiques et poteries chinoises

Les céramiques sont des objets  façonnés à partir de matériaux en terre et cuits dans un four pour les rendre imperméables et durables.  Le matériau de base est une argile riche en minéraux contenant de la kaolinite,  de la silice et du feldspath.  La structure cristalline de ces minéraux  rend l’argile souple  et facile à modeler dans à peu près n'importe quelle forme et résistante à la cuisson. Les feldspaths sont des aluminosilicates qui contiennent du sodium, du potassium ou du calcium, ce sont tous des agents qui réduisent les températures de fusion des silicates qui durcissent l’objet.  Les matières premières mélangées, l’objet prend la forme désirée sur une roue rotative.  Les formes sont ensuite placées dans un four froid et chauffées à une  température élevée, ramenées ensuite à  une température ambiante, ce qui permet aux particules de silice de se lier, de consolider  la forme de l'objet et de réduire la taille des pores du matériau, ce qui le rend lisse.

A ce stade les articles en  faïence peuvent être raffinés  soit par vitrification ou vitrage.  La vitrification modifie la structure cristalline des silicates en une structure de verre amorphe en cuisant les objets à des températures très élevées comprises entre 1500 et 1800 degrés Celsius. Le vitrage est réalisé en appliquant   ou en trempant l'objet  dans de la peinture  bouillie, puis  recuit ensuite à une température légèrement inférieure à la cuisson principale.  A ce stade des oxydes métalliques peuvent également être ajoutés pour donner à l’objet une gamme relativement restreinte de couleurs.

L’homme a de tout temps crée des objets en terre ou céramique, des fragments de céramique datant du néolithique retrouvés en Chine corroborent l’existence d’articles fonctionnels mais aussi d’un haut degré artistique pour l’époque.

Début des céramiques chinoises et des céladons primitifs

Les céladons  primitifs étaient plus durs et plus durables que la poterie, mais la modélisation était  assez difficile en raison de sa faible malléabilité, le récipient pouvant se fissurer facilement à cause de ses impuretés. Les objets étaient  vitrifiés et produisaient déjà un tintement lorsqu’ils étaient frappés mais leur couleur était instable et l'épaisseur  inégale.

Durant  la dynastie Han Dong, le procédé de  jeter de l’argile sur l’objet fut aussi utilisé sur les céladons primitifs. Le résultat donna une forme plus régulière à l’objet, la surface  plus lisse et la glaçure plus épaisse. Une étape importante pour les céramiques chinoises  a été l'apparition de céladons mature conçus dans le four de Yue durant la dynastie des Han Dong. Pendant les dynasties des Wei, des Jin, du Sud et du Nord, des développements ont été réalisés ouvrant  la voie à ces changements. Les différentes nations unifiées et l’introduction du bouddhisme ont également fort influencé le style des céramiques.

En examinant d'abord les périodes antérieures et l'évolution de la céramique, on peut faire tout le chemin du retour à la culture Dawenkou à  Shandong,  de 5000-3000 avant J.-C., lorsque des objets rouges, peints de motifs géométriques ont été produits. Parfois, ces objets avaient  l’apparence d’animaux, parfois  une forme avec trois pieds ou un trépied. Au cours de la culture  Long shan qui a suivi, de 3000-2000 avant J-C, ces styles de poterie ont été affinés. Le type de poterie de Long shan était noir et avait déjà les mêmes formes que les vases en bronze de la période Shang, comme le pot à trépied ‘ding’. Ce trépied Long shan, appelé 'gui' n'était pas seulement un prototype de trépied devenu populaire pendant la dynastie Zhou Sang, mais montre aussi la finition des futurs objets en bronze.

De même que la culture  Dawenkou  à Shandong, la culture Majiabang dans la vallée du Yangs té a également produit  des céramiques de 5000 à 3500 avant J-C. Les objets, principalement  de couleur brune, étaient décorés de motifs non-géométriques ou de motifs réalistes comme des oiseaux ou des poissons. La plupart des pots servaient pour cuisiner.

Les poteries de l'âge de pierre étaient peintes ou décorées avec des cordes, la décoration des poteries Shang est devenue plus sophistiquée, avec de nouveaux motifs de fleurs ou  de labyrinthe. Les céramiques de  Shang étaient plus abordables et plus faciles à produire que les célèbres vases en bronze mais elles étaient similaires dans la forme et la décoration.

Pendant la période des ‘Royaumes Combattants’, les objets étaient fabriqués avec de l'argile ainsi que du bronze et avaient la même douceur et la même beauté que de leurs homologues en bronze. Beaucoup d’artistes Zhou ont créés  des céramiques aux formes et aux motifs fantastiques, comme des oiseaux.

Mais les pièces en terre cuite les plus célèbres sont les soldats impériaux en terre cuite de l'armée, découverts en 1974, près de la tombe du premier empereur de Chine. Il existe plusieurs milliers de ces soldats grandeur nature, qui comprennent des fantassins, des généraux et des conducteurs de chars. Jusqu’à la dynastie des Shang, les soldats demandaient la possibilité de garder le tombeau de l'empereur mort. Cela aurait pu être de vrais soldats, enterrés vivants ou morts avec leur commandant, mais à l'époque de la dynastie des Zhou, les sacrifices humains n'avait pas lieu, les statues en argile furent autorisées. Sculptés de manière réaliste, chaque visage, totalement différent, la réalisation de ces statues est en soi un exploit, qui aura pris énormément de temps et de main d’œuvre.
Les archéologues n'ont pas été en mesure de reproduire de tel soldat, le mélange d’argile et les techniques de cuisson utilisées pour les créer ne furent pas transmises aux générations suivantes. Aujourd’hui encore on ne sait pas exactement comment ils ont été créés, il est admis que  les soldats étaient peints lorsqu’ils furent conçus et qu’ils étaient équipés d'armes en bois qui n'ont pas résisté à l'épreuve du temps.

Le mobilier des tombes durant la dynastie des Han était tout aussi typique, les dirigeants y mettaient les choses qu'ils croyaient nécessaires à leur vie quotidienne dans leur lieu de repos final. Aux  ustensiles pour manger et boire, s’ajoutaient de magnifiques œuvres d'art telles des statues de danseuse, retrouvées dans des tombes. La vie de la cour durant  cette dynastie a été remplie de musique, de danse et de divertissement; et les céramiques datant de cette époque nous relatent  les coutumes et l'habillement. Les formes des  objets de la dynastie Han étaient similaires à ceux de leurs ancêtres, mais la décoration changea pour dépeindre des scènes de la vie aristocratique plutôt que des motifs géométriques ou des dragons. Les objets n'étaient pas encore vitrifiés et étaient peints principalement en rouge et noir. Dans le sud de la Chine au cours de cette période, les céramiques étaient grises, blanches et noires et avaient des motifs mettant en vedette des oiseaux, des flammes, des nuages ??et même des images représentant les âmes des morts

Poterie vernissée et changements stylistiques

La technique de la poterie vitrifiée  a été découverte au 2ème siècle après JC. Les céramiques de la fin de la dynastie Han étaient vitrifiées  en utilisant une boue  brune- jaunâtre, verte-grise, noire ou translucide. Sous la dynastie Jin, la poterie a commencée à avoir des formes plus rondes que les objets des dynasties précédentes. Une forme classique est celle avec un gros-ventre et un col mince et droit. La poterie noire vernissée est typique de la dynastie Jin de l'Est. Des formes et des styles ont pu être copiés par les générations suivantes, les Chinois continuent d’ailleurs à produire des pots identiques à  ceux réalisés durant les Six Dynasties. A cette époque de division, la noblesse, au sud du pays, voulait toujours des figurines pour leurs palais et leurs tombeaux, tandis que dans le nord plus mercurien, ils préféraient des figures de soldats.

Durant la dernière partie de la Dynastie du Nord, la porcelaine blanche est apparue dans le nord de la Chine, la teneur en fer a été contrôlé et la difficulté de produire des couleurs différentes surmontée. Ce développement a crée les bases pour la porcelaine  ancienne, peinte. Le succès de la fabrication de la porcelaine blanche est un autre jalon dans la céramique chinoise. Les dynasties Sui et Tang ont été très prospères et florissantes et la céramique aussi, l’on fit bientôt la distinction entre le céladon du sud et  la porcelaine blanche du nord.

Bien que la dynastie Sui fût brève, les artistes et les artisans développèrent leur propre style. Les jarres de la dynastie Sui sont reconnaissables par leur long col et une poignée  avec une tête de dragon qui est partiellement caché dans le bec.

La vitrification avec 3 couleurs  est devenue  populaire pendant la dynastie Tang. L'art populaire de l'époque reflète l’arrivée d’émigrants en Chine qui influencèrent  la culture. Voyageant le long de la Route de la Soie vers  l'Asie intérieure à dos de chameaux,  les commerçants et les musiciens  arrivaient de l'Ouest. Les chevaux étaient inestimables pour les militaires Tang, les figurines de chevaux étaient monnaie courante.  Les objets trouvés dans les tombes en disent beaucoup sur la vie de la noblesse durant la dynastie des Tang, les membres de la classe dirigeante étaient enterrés avec des figurines multicolores représentant des dames de la cour, des danseurs, des eunuques ou des fonctionnaires.

C’est au cours de la dynastie Tang que de nombreux fours célèbres sont apparus, le four Yue du sud a été célèbre pour ses poteries de haute qualité  en céladon, l’enveloppe est légère, fine et compacte tandis que l'émail est transparent et élégant. Le four Xing sous la dynastie Tang était représentatif  du ‘ blanc du Nord’. La blancheur était très recherchée après la qualité et ici, la couleur était forte et pure ; et la glaçure était bonne. Lorsque les objets réalisés dans le four Xing étaient cognés ils produisaient  un tintement.

La céramique a continué à prospérer sous la dynastie Song, période de prospérité au cours de laquelle la technologie, la culture, l'art et l'artisanat se développèrent énormément. C'est au cours de cette dynastie que les fours aux caractéristique régionales,  répartis dans tout le pays,  préparèrent le terrain au ‘groupe des six fours’  (Ding, Jun, Yaozhou, Cizhou, Longquan et Jingdezhen). Les faïences durant la dynastie Song étaient  principalement vitrifiées avec un flux bleu et les formes des objets sont devenues complètement différentes des formes traditionnelles pré-Han. Même si la plupart des objets  étaient bleus ou verts, il y avait des couleurs fraîches comme le rose, le rouge et même le noir. Parfois, les motifs étaient gravés dans l'argile brute avant la cuisson.

Après la mise en place de fours Guan sous la dynastie des Song,  différents styles artistiques se développèrent dans les fours régionaux. Les porcelaines de Jingdezhen commencèrent à être très connues  pendant la dynastie Yuan pour leurs couleurs bleues et blanche,  rouge et coquille d'œuf.

Porcelaine décorative

Au cours de la dynastie des Ming et des Qing, la porcelaine peinte a  amené la céramique à un haut niveau de perfection. De nombreuses couleurs originales apparurent :   une glaçure  rouge ou bleue,  ainsi que bien d’autre provenant des différentes régions de la Chine. Les  porcelaines anciennes peintes prospérèrent : bleu et blanc, Wu-chai, Dou-chai, tricolore, vernie San-chai, Fen-chai et beaucoup d'autres. La roue de calibrage remplaça  le couteau en bambou de calibrage et une technique  de soufflage  du vernis commença à être utilisée. Par leur qualité  améliorée et la quantité  de production  augmentée,  les céramiques fabriquées au cours des dynasties Ming et Qing ont atteint des sommets de raffinement et ont  eu une énorme influence sur la céramique chinoise jusqu’à ce jour.


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